L'Histoire du geste

 Au début de l'humanité, le geste dû être le moyen d'expression utilisé par instinct. (Par exemple en approchant les doigts groupés vers la bouche, signe encore compréhensible de nos jours dans le monde entier, l'homme exprimait clairement l'idée de "manger".) C'était déjà un langage universel. 

Bien sûr la voix s'est bientôt ajoutée au geste, pour finalement le détrôner. Malgré la division des langues, le geste est demeuré constant, et il semblerait même qu'il fut l'un des premiers langages écrits, puisque les signes furent en premier lieu transcrits semblables à eux-mêmes (dessinés) (J. Barrois Dactylologie et langage primitif).

On rapporte qu'au temps d'Auguste, les Romains aimaient à gesticuler, à bouger les bras, les mains quand ils parlaient.

On raconte aussi qu'en 1282 pendant les Vêpres Siciliennes, une révolte avait été préparée dans toute l'île sans qu'un seul mot ne fut prononcé ou écrit. Tout s'était déroulé avec des gestes.

Dans certains monastères aussi, un recueil de signes pouvait exister, comportant de 500 à 1300 signes afin de communiquer sans parler, car la loi du silence était scrupuleusement observée...C'est sûrement un des moyens qu'utilisa Pedro Ponce, un des premiers précepteurs espagnol chargé de l'enseignement de deux enfants sourds, pour communiquer avec eux.

 

L'Histoire de la LSF

Enfin, c'est l'abbé Charles Michel de l'Epée (1712-1789) qui fonda au 18ème siècle la première école publique destinée aux personnes sourdes. Son système éducatif va se fonder sur les signes naturels qu'il a pu observer chez les sourds qu'il rencontre, les signes méthodiques et la dactylologie dont il se sert pour l'enseignement du français.

Or très vite, les signes méthodiques, miroir de la langue écrite, vont se perdre.

 

Selon Christiane Fournier (Professeur au Centre National d'Etude et de Formation pour l'Enfance Inadaptée. Interprète en langue des signes. Traducteur expert à la cour d'appel de Versailles)